Mort pour la France

Jean Vincent M. COUGOULAT  (1892/1917)

tenue des soldats de l'infanterie en 1914

mitrailleur en 1917 >>>>>

 

Fils de Jean Marie, cultivateur, né en 1863 à Pluvigner (Morbihan) et d'Anne Marie MO(E)LLO, née en 1859 à Languidic (Morbihan) mariés en octobre 1887 à Merlevenez (Morbihan) résidant au bourg de Merlevenez, Jean Vincent Marie COUGOULAT est né le 2 octobre 1892 à Merlevenez dans le bourg. Il est le quatrième enfant d'une fratrie de cinq.

 

Après quelques courtes années sur le bancs de l'école, Jean Vincent fait son apprentissage de paysan et de charretier. Il aide aux champs, conduit les attelages, soignent les bêtes.

 

Au gré des rencontres, il s'installe à Groix pour devenir menuisier dans l'atelier de son futur beau-père.

 

A l'automne 1912, il passe devant la commission de recrutement à Port-Louis, il est déclaré "bon pour le service" sous le matricule Lorient / 541. Il déclare être charretier et résider à Groix.

 

Jean Vincent COUGOULAT se marie le 1er septembre 1913 avec une très jeune groisillonne Marie Josephine KERBIRIO (née Magado en février 1897). Ils résideront  dans le bourg de Loctudy, chez les parents de la mariée. Ils n'auront pas d'enfants, pourtant ce mariage précipité le laissait supposer. Cela lui permettra toutefois d'être reconnu soutien de famille par la commission de révision du 6 mars 1914

 

Il est incorporé le 10 octobre 1913, au 45ème régiment d'infanterie, dont le dépôt se trouve à Laon (Aisne) afin d'effectuer son service militaire. Le dépôt sera déplacé à Lorient au début de la guerre.

 

Jean Vincent Marie COUGOULAT décède le 16 septembre 1917, à Verdun (Meuse).


 

En août 1914, à la déclaration de guerre Jean Vincent n'a pas encore 22 ans. Dès le 1er août le 45ème R.I. embarque pour Mézières et Sedan en couverture et en garde des ponts de la Meuse de Givet à Sedan. Le 45ème RI fait partie de la 8ème brigade elle-même membre de la 4ème Division, soutien au 1er corps de cavalerie. Le général Mangin envoie l'ordre suivant : "La 8ème brigade d'infanterie entrera en Belgique aujourd'hui, 6 août, avec le corps de cavalerie avant-garde des armées françaises.« Il importe au plus haut point que les officiers pénètrent leurs hommes que la France vient d'apporter à cette nation amie et alliée le même concours qu'elle lui a déjà apporté en 1830 pour assurer son indépendance. Le 11 août le 45ème RI qui cantonnait à Rochefort (Belgique) se dirige au sud sur Maissin et Paliseul où il cantonne... Le 14 août le régiment capture et tue un officier allemand qui faisait une reconnaissance en voiture. Le 15 ont lieu les premiers échanges avec les éclaireurs de la cavalerie allemande.

 

Le 11 septembre, le 1er bataillon reçoit l'ordre d'enlever le village de Fismes, occupé par les Allemands. A la tombée de la nuit, le 1er bataillon s'empare du village d'où l'ennemi est chassé. Le lendemain le pont sur la Vesle est pris, nos troupes passent sur la rive droite. Après un combat de rues acharné, le reste du village également. Environ 60 Allemands se sont rendus au bataillon. Le 11 septembre, à la tombée de la nuit, le 3ème bataillon reçoit l'ordre d'enlever le village de Bazoches. Le 12, vers 9 h, le village est enlevé, le bataillon cantonne dans Bazoches. Ensuite le bataillon recevait l'ordre de se porter sur Beaurieux  An moment où le bataillon débouchait de Bazoches, il fut pris sous un violent feu; en quelques minutes les pertes deviennent importantes. Malgré un violent bombardement, le bataillon se maintient dans le village de Bazoches et conserve le pont sur la Vesle sur lequel put passer, dans l'après-midi, une division anglaise.

 

 

Le 3e bataillon s'installe à la lisière sud du bois de Gernicourt et bivouaque dans le bois, en l'absence de ravitaillement sous la pluie et le bombardement continuel jusqu'au 18 septembre. Du 15 au 17 septembre, les 1er et 2ème bataillons sont mis à la disposition du 18ème C. A. pour assurer la sécurité immédiate de Roucy au nord duquel se livre une bataille très vive vers Craonne, Pontavert et la Ville-aux-Bois. Le soir, le régiment s'embarque en autobus et est transporté à Coulonges où il cantonne. Le 19 septembre, il est transporté à Compiègne et cantonne à la Croix-Saint-Ouen. Le soir du 20, régiment reçoit l'ordre de défendre les passages de l'Oise. Le 22, il est transporté en autobus au nord de Montdidier, tenant les débouchés de la rive droite de l'Avre, de part et d'autre de Contoire. Puis il reçoit l'ordre de se mettre en mouvement de manière à cantonner à Bray-sur-Somme en vue d'être à Péronne le 23 septembre. Vers 18 heures, le régiment s'embarque pour Amiens, Albert. En arrivant à Péronne, deux bataillons sont dirigés sur la Maisonnette (sud de Péronne, rive droite de la Somme) et un bataillon (le 3ème) sur le mamelon à 1.500 mètres nord-est de Brie puis à Doingt. A 13 h 15 un ordre prescrit de porter le 45ème à l'attaque de la corne sud du bois de Buire. Les 1er et 2ème bataillons progressent, mais le 1er bataillon est accueilli par un feu extrêmement violent; il riposte, une compagnie s'avance même vers Driencourt où l'ennemi a établi des tranchées. Le 2e bataillon progresse au nord de Maison-Rouge et vers le bois de Buire. Vers 17 h, l'ennemi commence sa contre-attaque, fortement appuyée par l'artillerie. Les deux bataillons du 45ème sont obligés de se replier. mais doit de tenir à tout prix les positions conservées à la tombée de la nuit, le ravitaillement en munitions n'a pu se faire, il ne reste plus que 8 cartouches par homme. Néanmoins, les deux bataillons restent sur leurs positions. A 20 h.35, un premier ordre de repli prescrit de garder simplement les abords de Péronne, en avant du faubourg de Bretagne. La vigueur de la contre-attaque ne laisse aucun doute sur l'importance de la, menace ennemie.A 23 h, arrive l'ordre de se dérober vers le nord, dans la direction d'Albert. Les deux bataillons ont perdu 1/4 de leur effectif.

 

 

Les 2 et 3 octobre, les 2ème et 3ème bataillons doivent maintenir solidement l'occupation face au nord et à l'est de Maricourt. Les troupes devront être prêtes à passer à l'offensive au premier signal.Toute la journée la canonnade est toujours aussi furieuse et l'on continue à tenir sur les mêmes positions qui ont été de plus en plus fortifiées. Dans la nuit, le régiment, qui a éprouvé de très grosses pertes, est relevé et va cantonner à Suzanne. Arrivé avec un effectif de 1.800 hommes et ayant reçu 800 hommes de renfort, il ne compte plus que 1.200 hommes. Le 45ème avait soutenu, presque seul pendant deux jours, le choc puissant de l'ennemi qui avait été arrêté dans son élan qu'il croyait irrésistible.Le front était stabilisé et Amiens sauvé.

 

A partir du 6 octobre, le régiment occupe la position de la ferme Bronfay-Billon, Carnoy. On organise la position, les tranchées et travaux de défense sont commencés. A partir de cette date, les bataillons alternent pour l'occupation du secteur de Carnoy jusqu'au au 16 décembre 1914.

 

 

Le régiment quitte ses cantonnements de repos le 5 février; il s'embarque à destination de Fismes .Du 7 au 15 février, il occupe le secteur de Paissy (sud du Chemin des Dames). Le 16, les 1er et 2ème bataillons sont relevés et dirigés sur Hermonville où ils sont mis à disposition pour l'attaque du bois du Luxembourg. Le 3ème bataillon est maintenu dans le secteur de Paissy qu'il quitte le 28 février pour aller rejoindre les deux autres bataillons qui sont au repos depuis le 19 février à Branscourt. Jusqu'au 10 avril, le régiment occupe les mêmes cantonnements, il reçoit des renforts; cette période de repos est utilisée pour parfaire l'instruction des hommes. Les 11, 12 et 13 avril le 45ème occupent les tranchées du bois Chauffour, les tranchées des Carrières, les tranchées de la baraque du cantonnier en face de Courcy. Jusqu'au 26 mai, situation sans changement; les bataillons occupent les mêmes secteurs; pendant cette période, l'organisation défensive est renforcée, des abris de bombardement sont en voie d'exécution. Le 26 mai le régiment était relevé et, après avoir cantonné dans la région de Châlons-sur-Vesle, est embarqué en autobus et transporté à Ludes et Mailly-Champagne. Du 29 mai au 31, il occupe le secteur Petit-Sillery, Prunay (bois des Zouaves), puis est relevé et va cantonner, le 1er juin, à Pargny et Jouy jusqu'au dimanche 6 juin.

 

Le 8 il va relever une brigade coloniale qui se trouve en réserve, au bivouac dans la forêt de Laigle, près Offémont. Le 10, il relève dans les tranchées conquises les unités qui ont pris part à l'attaque de la ferme de Quennevières et d'Écaffaut. Du 10 au 12, il occupe les mêmes tranchées; secteur très mouvementé, lutte continuelle d'artillerie et d'engins de tranchées.  Du 13 au 14, repos à Breuil. Du 17 au 21, occupation des tranchées de première ligne; la canonnade est toujours violente, plusieurs contre-attaques sont enrayées. Les 2e et 3e bataillons vont cantonner dans la région de Retheuil où le 1er bataillon viendra les rejoindre.

 

Le régiment quitte Retheuil le 26 pour Fismes et les bataillons allaient occuper les cantonnements de Vendeuil et Hourges du 27 juin au 13 juillet, repos et instruction. Le 14 juille tle régiment se porte sur Hermonville où il cantonn ; il doit relever un régiment qui tient le canal de l'Aisne à la Marne, près de la ferme du Godat. Le régiment occupe le même secteur jusqu'au 17 août. Durant cette période, l'organisation défensive est sérieusement renforcée, les abris de bombardement pour les hommes sont à peu près terminés, tous ces travaux sont poussés activement bien que gênés fréquemment par l'ennemi.

 

Il partait le 18 août pour occuper le secteur "Pêcherie - La Miette - Choléra" où il resterait jusqu'au 2 octobre. La période fut particulièrement pénible dans laquelle il ne fut accordé aucun repos. Les bataillons alternaient première ligne et réserve dans les bois qui dominent la rive gauche de l'Aisne près de Gernicourt - Berry-au-Bac. Pendant un mois et demi, toutes les troupes furent employées à exécuter les importants travaux d'approche pour l'attaque qui devait avoir lieu vers le 25 septembre. Le travail était poursuivi sans arrêt de jour et de nuit malgré un bombardement continuel qui occasionna de très grosses pertes. Le 27 septembre, tout est prêt pour l'attaque, les brèches dans les réseaux sont terminées, les troupes attendent l'ordre, mais c'est annulé l'offensive qui avait été déclenchée en Champagne n'ayant pas donné les résultats attendus. Le 2 octobre, le 45ème quittait le secteur de Berry-au-Bac et allait au repos à Courcelles-Sapicourt. Quatorze mois que le 45ème R.I. est sur tous les fronts avec très pertes très sensibles, mais Jean Vincent COUGOULAT a eu de la chance.

place d'armes des tranchées de la Ferme d'Alger

secteur "Mare - Bois des Zouaves"  25 octobre 1915

cagnas des "Cavaliers de Courcy"

 

Le 2 juin, le 245ème embarque en chemin de fer à Epernay pour aller cantonner à Rancourt (Meuse). Le 3, le régiment fait mouvement à pied et cantonne à Condé-en-Barrois. Des reconnaissances sont exécutées dans le secteur que le 245ème doit aller occuper dans la région de Verdun. Le 4 juin 1916, Nivelle déclare:« Soldats de l'Armée de Verdun,... au cours d'une bataille de plus de trois mois, l'ennemi n'a pu nous arracher que quelques lambeaux de terrain et cela lui a coûté des pertes terribles... Courage donc, soldats ! Que pas un instant de défaillance ne vienne compromettre le résultat de tant d'héroïques efforts ! Votre inlassable énergie aura bientôt usé les meilleures troupes de l'armée allemande.... De grandes fatigues, de grands sacrifices vous ont été et vous seront encore demandés. Ils sont inévitables dans une lutte où chaque peuple joue sa destinée. Pleinement pénétrés de la grandeur de votre mission, vous ne les refuserez pas au pays, qui a mis en vous tous ses espoirs...."

 

Le 5 juin, le 245ème monte en ligne dans le secteur de Souville, le dernier rempart avant Verdun. Le 5ème bataillon occupe le secteur des Carrières (bois de Vaux-Chapitre). La relève s'opère sous de violents tirs d'artillerie. Le 6ème bataillon vient cantonner à Verdun (Faubourg Pavé). Le 6 juin, le 6ème bataillon va se placer en réserve au bois des Essarts. Le 8, l'ennemi déclenche à midi une attaque sur le front de Thiaumont; cette attaque se développe sous un barrage nourri, qui s'étend du Bois Navé à La Lauffée. Le 6ème bataillon est porté au sud du fort de Souville, le 9 juin, à l'abri de la crête, de façon à pouvoir intervenir immédiatement. Jusqu'au 13 juin, le bombardement se poursuit avec une violence extrême. Le 14 le régiment est relevé et va cantonner à Belleray (sud de Verdun) . les pertes ont été sérieuses.

 

Le 245ème gagne le camp du Valdahon, où il arrive le 3 janvier. Après une période d'instruction qui dure jusqu'au 20 janvier, le régiment est transporté en chemin de fer à Vauthiermont. Le 20, le 245ème relève les bataillons de chasseurs dans le secteur de l'Hartmann et dans la zone des Dames. Le 28 janvier, après un violent bombardement, l'ennemi pénètre dans les premières lignes. Il en est rejeté par les contre-attaques immédiates des sections de réserve et la ligne est rétablie intégralement. Le 19 février, après une préparation d'artillerie, les groupes francs du régiment pénètrent dans les tranchées ennemies et en ramènent quatre prisonniers. Le 6 mai, le 245ème, est relevé des tranchées, et passe en réserve d'armée. Le régiment rentre en secteur, dans le secteur nord de la Thur, le 19 mai. Le 28 juin, le 245ème quitte le secteur de la Thur. Il est transporté en camions automobiles dans la zone de Belfort pour une période de repos et d'entrainement. Le régiment quitte la Haute-Alsace le 1er septembre et cantonne à Tronville-en-Barrois (sud-est de Bar-le-Duc).

 

secteur de la Ferme des Chambrettes

 

Tous les jours des échauffourées ont lieu. Dans la nuit du 21, le régiment reçoit l'ordre de marcher sur Namur (Belgique) et de se mettre à la disposition du Général belge Michel

 

Après 3 jours de combat, le 45ème se replie sur Rocroi, lors d'une marche de 27 heures particulièrement éprouvante. Puis il poursuivait sa retraite par Parfondeval (27) et Montcornet (28) puis dans le secteur de Guise. Le 6 septembre il reprend le combat avec le 2ème corps de cavalerie qui a pour mission d'assurer la liaison entre l'armée anglaise et notre 5ème armée. Des engagements se produisent tous les jours: après Courtacon le 7, que l'ennemi a incendié avant de l'abandonner. Les bataillons sont embarqués en autobus pour accompagner la poursuite de la cavalerie. La ville de la Ferté-Gaucher est dévastée; quelques Allemands ivres sont trouvés dans les caves. Le 9, le régiment est à Château-Thierry. Le 10,  le régiment est embarqué en autobus sur Oulchy-le-Château; en arrivant à Brény le colonel reçoit l'ordre de faire attaquer les hauteurs à l'ouest d'Oulchy-le-Château où se trouve l'artillerie ennemie. En fin de journée, le 1er bataillon a accompli sa mission.

 

 

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, le 1er bataillon cantonne à Fismes. Le bataillon s'embarque en autobus à Fismes, vers 6 h. Arrêt à la Ville-aux-Bois d'où l'ennemi est parti depuis une heure.A rrêt à Juvincourt pour permettre à la cavalerie de faire quelques reconnaissances. Le bataillon arrive à Sissonne vers 18 h où il cantonne. Le 14 septembre, le 1er bataillon reçoit l'ordre de prendre Montaigu, Goudelancourt. Vers 11 h, les différents éléments poussés en avant sont obligés de se replier sous le feu de l'artillerie. Le bataillon s'embarque en autobus. Sous la menace de l'artillerie, le convoi se replie sur Pontavert. Le 3ème bataillon reçoit l'ordre de franchir l'Aisne le plus tôt possible; il marche à travers champs vers l'Aisne par Juvincourt, il évite la Ville-aux-Bois qui est violemment bombardée et franchit l'Aisne à Pontavert.

 

 

Le 25 septembre, le 45ème revient soutenir le corps de cavalerie et se porte sur Maricourt où il arrive à midi. Le 1er bataillon est chargé de tenir les ponts de Hem pour faciliter les mouvements du corps de cavalerie, mais ne peut l'enlever à l'ennemi, une nouvelle tentative a lieu le lendemain.

 

Le 26 à midi, les deux premiers bataillons reçoivent l'ordre de se replier sur Maricourt et à 17 heures, subissent une attaque générale allemande venant de la direction de Combles.. Le lendemain une contre-attaque sur tout le front pour est lancée pour rejeter l'ennemi sur la Somme, en amont de Péronne, et le déborder au nord de cette ville. Le 45ème a comme objectif le bois de Favières et Hardecourt. Les Allemands occupent les deux petits bois au nord de Maricourt ainsi que le bois de Favières. A 12 h.30, ordre de pousser l'offensive est ordonné. Le 3ème bataillon essaye de progresser, mais il est très éprouvé et obligé de s'arrêter ; les travaux de défense sont poussés aussi activement que le permet le nombre restreint d'outils portatifs et ceux trouvés dans le village. La canonnade devient de plus en plus violente.Toute la nuit la canonnade se poursuit; de nombreuses maisons sont démolies et incendiées, le régiment reste sur la position sans progresser. Toute la journée du 28 il doit tenir sur tout le front et conserver le contact le plus étroit avec l'ennemi. A 15 h, une offensive générale est ordonnée

 

Le 29 septembre, le 45ème, qui n'a pas encore reçu de renfort depuis le début de la campagne, voit arriver un contingent de 670 hommes. Ces hommes, préalablement fractionnés en groupes correspondants aux compagnies, reçoivent l'ordre de rejoindre leurs unités qui sont engagées. Bien avant d'arriver à la ligne de feu, ces hommes sont soumis à un feu très violent d'artillerie, un grand nombre est tué ou blessé, les autres parviennent difficilement à rejoindre leurs compagnies soumises à un feu ininterrompu. Le 29 ordre est donné au 45ème de maintenir Maricourt à tout prix et une offensive générale pour enlever le bois de Maricourt qui finalement n'est enlevé qu'après une forte préparation d'artillerie. Le sol est recouvert de cadavres allemands; les compagnies du 45ème occupent la lisière du bois de Maricourt.

 

 

 

Dans la nuit du 16 au 17 décembre, les 2ème et 3ème bataillons se portent sur la route Carnoy - Montauban.  A 6 h, le 2ème bataillon, échelonné en profondeur, est placé en face de son objectif, la cote 125.  La 8ème compagnie sort des tranchées et se précipite en avant; la brèche qui devait être faite est inexistante, la compagnie se heurte d'une part aux réseaux de fil de fer et, d'autre part, au feu de l'ennemi. L'attaque échoue et la 8e compagnie rentre dans ses tranchées. Successivement, à deux reprises, une nouvelle attaque est ordonnée, mais elle échoue comme la précédente ; les compagnies se replient sur les tranchées avec de grosses pertes. A 10 heures, le 3e bataillon, qui avait été maintenu entre la route de Péronne (cote104) et Carnoy, reçoit l'ordre de se porter à l'attaque de lacote 125. La 9è compagnie est en première ligne, elle parvient à progresser légèrement, mais est bientôt obligée de s'arrêter en raison des pertes et, à midi, elle recule vers les tranchées. Vers 15 heures, les autres compagnies arrivent dans les tranchées de première ligne entre la route Carnoy – Mametz et laroute Carnoy - Montauban. 

 

Le 8 décembre à 3 h.15, le 45ème reçoit l'ordre d'attaquer Mametz. L'attaque échoue complètement ; les pertes sont nombreuses. Les hommes ne peuvent plus sortir des tranchées sans être littéralement fauchés par les mitrailleuses ennemies que ne peut maîtriser notre artillerie. A la suite de ces attaques, le régiment va à Bray-sur-Somme, à l'exception du 3ème bataillon qui gardera les tranchées de première ligne pour soutenir l'attaque des coloniaux ordonnée pour le 21. Cette attaque échoue comme les précédentes; les coloniaux sont décimés par les mitrailleuses allemandes à la sortie des tranchées.

 

Du 22 décembre 1914 au 29 janvier 1915, le 45ème occupe toujours le même secteur; lutte de tranchées, sans aucun incident à signaler.

 

Le 26 octobre 1915, le 45ème R.I. est à Toulouse en vue d'être réorganisé avant son embarquement pour son intégration au Corps expéditionnaire d'Orient. Il y a tout lieu de penser qu'un certain nombre d'hommes en santé médiocre ou ayant le statut de soutien de famille sont dirigés vers le 245ème R.I. et c'est probablement le cas de Jean Vincent Marie COUGOULAT.

 

Alors que le 245ème RI occupe les tranchées de La Pompelle et de la ferme d'Alger, il subit le 19 octobre une attaque au gaz qui met hors de combat 229 hommes, attaque réitérée le 20 suivi de tentatives d'assaut, repoussées et qui mettent 131 hommes hors de combat.

 

Le 26 octobre, le régiment est relevé et va cantonner à Chamfleury (sud de Reims) jusqu'au 11 novembre. Après un rapide passage au dépôt à Lorient Jean Vincent rejoint son régiment probablement à cette période

 

Le 12 novembre le 245ème RI prend la garde du secteur "Mare - Bois des Zouaves" au nord de Sillery. Les combats se limitent à des échanges d'artillerie. Le 27 décembre deux soldats sont totalement déchiquetés par des torpilles (crapouillot / canon de tranchées).

Ce jour-là, en une heure, les tranchées du Bois des zouaves reçoivent 2000 obus qui provoquent de nombreux dégâts matériels.

 

Le régiment est relevé le 7 janvier; il va cantonner à Ludes et Chigny-les-roses

 

Après 15 jours de repos, le 245ème reprend, le 25 janvier 1916, les tranchées de "Mare - Bois des Zouaves". De nouveau, les combats se limitent à des échanges d'artillerie. Puis, le 11 février, le bataillon en réserve à Mailly-Champagne vient s'installer à Puisieux et Sillery. Le 27 février, le régiment est relevé. Il va cantonner à Tauxières et à Louvois.

 

Le 11 mars, il est enlevé en automobiles, et transporté au nord de la Vesle. Le 6ème bataillon et l'état-major cantonnent à Bouvancourt. Le 245ème vient occuper, le 20 mars, le sous-secteur des Cavaliers-de-Courcy, le 6ème bataillon en première ligne et le 5ème bataillon, en réserve, cantonne à Reims. Le secteur est relativement calme, à part quelques échanges d'artillerie. Les deux bataillons alternent régulièrement.

 

Le 1er mai, le 245ème est relevé du secteur des Cavaliers-de-Courcy, il vient cantonner à Ormes et aux Mesneux. Le 3 mai, le 245ème monte en ligne dans le secteur du Linguet. Le 5ème bataillon est en première ligne, le 6ème bataillon en deuxième ligne. Le régiment est relevé. Placé en réserve du groupe des armées du centre, il vient cantonner à Cermiers et Chamery. Le régiment fait mouvement le 26 mai et vient occuper les cantonnements de Reuil-sur-Marne, et Villers-sous-Chatillon.

 

 

Du 15 au 21 juin, les bataillons fournissent des travailleurs dans les secteurs de Souville et deTavanne. Alerté dans la journée du 21, le 245ème, mis à la disposition du général commandant la 12ème division, reçoit l'ordre de se porter au « Cabaret », ferme à l'est de Verdun, le 22 juin. Il y arrive à 3 h. 30. Le 245ème contribue à rétablir la liaison entre le 106ème et le 67ème  sur la ligne : Carrière du bois deVaux-Régnier - bois de la Montagne. Pendant la journée et pendant toute la nuit le bombardement a été d'une extrême violence.

 

On décompte 27 tués, 107 blessés et 5 disparus. La fiche matricule de Jean COUGOULAT indique qu'il a été blessé le 22 juin 1916, par un éclat d'obus à la main gauche, au cours de cette action, bien qu'il n'apparaisse pas clairement dans la liste pourtant précise.

 

Relevé dans la nuit du 24 juin, le 245ème regagne le cantonnement de Belleray. La 52ème division comprendra désormais trois régiments à 3 bataillons: les 245ème, 320ème et 348ème.

 

Le 245ème est transporté en automobiles à Guerpont et à Tronville, où il cantonne le 26 juin. Un 7ème bataillon, formé des 25ème, 26ème, 27ème et 28ème compagnies et une 3ème compagnie de mitrailleuses est constituée le 1er juillet. Le 3, le régiment embarque en chemin de fer et arrive à Gérardmer (Vosges) où il cantonne le 6 juillet.  Le 23, le 245ème relève en secteur les 24ème et 46ème bataillons de chasseurs alpins. Le 5ème bataillon occupe le secteur de l'Hartmannswillerkopf. Le 7ème (qui devient le 4ème et les compagnies les 13ème, 14ème, 15ème et 16ème) celui de l'Alsacienne (près Thann) et Le 6ème celui du Rehfelsen. Le 245ème reste en secteur jusqu'au 11 décembre. Le 15, le régiment débarque à Lure, puis il gagne par étapes les cantonnements à l'est de Besançon, le 28 décembre.

 

On ne connait pas la date exacte de réintégration, après sa convalescence, de Jean Vincent Marie COUGOULAT dans son régiment. A son retour, il est affecté à la 23ème Compagnie (6ème bataillon) ou à la Compagnie de mitrailleuses du 5ème bataillon, des informations à ce sujet sont contradictoires.

 

tranchées du Hartmannswillerkopf.

 

Les 11 et 12 septembre, le régiment est transporté en camions au champ de tir de Verdun, puis au ravin de la Couleuvre et au carrefour de la Goulette. Dans la nuit du 12 au 13, le 4ème bataillon se rend en 2ème ligne du Bois de Neuville, le 5ème bataillon en premières lignes du Bois de Fossés et le 6ème bataillon se rend au ravin de la Couleuvre. Le 245ème occupe le sous-secteur des Chambrettes le 14 septembre. Le 15; l'ennemi bombarde très sévèrement le secteur, notamment avec des obus de produits toxiques. Le ravitaillement est très perturbé. Le 6ème bataillon se rend dans le secteur du Chaume (tranchées  des Cévennes et des Caurrières). La nuit du 15 au 16 le 4ème bataillon prend les premières lignes du Quartier de Neuville, tandis que le 5ème reste dans les premières lignes du Bois des Fossés. Les bombardements sont un peu moins sévères que la veille toutefois les pertes sont encore importantes. On relève 9 morts dont quatre de la Compagnie de Mitrailleuses du 5ème bataillon à laquelle appartient Jean COUGOULAT et 44 blessés.

 

État des tués du 16 septembre 1917, sur lequel apparaît clairement le nom Jean Cougoulat


 

Jean Vincent Marie COUGOULAT est mort au combat le 16 septembre 1917,  d'un éclat d'obus à la tête dans le Bois des Fossés, ancienne commune d'Ornes. Il allait avoir 25 ans, quelques jours après. Il laisse une très jeune veuve de 20 ans.

 

Les autorités militaires ne semble pas connaître le lieu d'inhumation de Jean COUGOULAT. Sauf si son corps a été rapatrié à Groix, il y a tout lieu de penser qu'il se trouve dans l'ossuaire de Douaumont, situé à la limite des communes de Douaumont-Vaux et Fleury-devant-Douaumont, à quelques kilomètres de Verdun, dans le département de la Meuse, il abrite les restes de 130 000 soldats.

 

Son acte de décès est transcrit dans les registres d'État-civil de Groix, le 30 janvier 1918, avec des informations différentes que celles du "Journal de Marche et des Opérations" du 245ème RI. Sur cet acte, il est mort le 15 septembre à 8h dans le Bois de Chaume (ancienne commune d'Ornes) et il appartenait selon cet acte à la 23ème compagnie. Ce sont d'ailleurs deux témoins de la 23ème compagnie qui signe l'acte ? Qui a raison, même si cela ne change rien pour la victime.

 

"Mort pour la France", son nom est gravé sur tous les monuments (à l'exception de la plaque mémorielle de l'Église) de la commune de Groix.

 

 

Jean Vincent COUGOULAT a été cité (n° 742) à l'ordre du 245ème Régiment le 12 octobre 1917, quelques jours avant la dissolution du dit régiment et honoré à titre posthume de la Croix de guerre avec une étoile de bronze.

(Cette citation n'a apparemment pas été publié au J.O. ou je ne l'ai pas trouvé)