1914, l'été meurtrier

Le dimanche 2 août, le caporal Peugeot (44ème R.I., de Belfort) et le lieutenant Mayer (5ème Chasseurs à cheval, de Mulhouse), s'entretuent au cours d'une escarmouche, près de Joncherey (au nord de Belfort). Ce sont les premiers morts français et allemand de la guerre, sur le front occidental. En effet, quelques heures avant, sur le front oriental, un chasseur allemand, Paul Grün ou Gruen, avait été tué par un groupe de cosaques.          

Le lundi 3, l'Allemagne déclare la guerre à la Belgique (en violant la neutralité de ce pays) qui a rejeté l'ultimatum de la veille. Et l'Allemagne se déclare la guerre à la France évoquant de faux prétextes (notamment des incidents de frontière).

 

Depuis l'alliance franco-russe l'état-major allemand s'était préparé à une guerre sur 2 fronts, à l'Est contre la Russie à l'Ouest contre la France. L'économie allemande ne pouvant soutenir un conflit de longue durée, l'essentiel des forces du Reich devait être tourné contre la France. L'armée française pouvait être battue en 6 semaines, avant l'entrée en ligne des armées russes, lentes à se mobiliser et contre lesquelles, on se retournerait ensuite. C'était, pensait-on à Berlin, "question de vitesse et de force brutale".

 

Le plan des opérations est conçu depuis 1905, par le chef d'état-major de l'époque, le général von Schlieffen. Il reposait sur une grandiose stratégie de l'enveloppement, sensiblement modifié par le nouveau commandant en chef, le général von Moltke, le neveu du vainqueur de 1870. Contrairement aux recommandations expresses de Schlieffen, Moltke avait diminué l'effectif de la masse de manœuvre allemande, l'"aile marchante". Cette aile droite, forte d'une soixantaine de divisions, traversant la Belgique par surprise envelopperait les armées françaises d'un gigantesque mouvement en coup de faux et les contraindrait à la capitulation, l'action de l'aile gauche renforcée assurant l'encerclement complet.

 

Du côté français, bien que la doctrine militaire fût résolument offensive, il n'était pas question, pour des raisons politiques, de porter atteinte à la neutralité belge, en dépit des soupçons que l'on eut sur les intentions allemandes.


De toute la guerre, les 5 premiers mois furent les plus meurtriers: un quart des tués (environ 350 000 hommes, soit une moyenne de 2 350 tués par jour) pour près de 1,4 millions de mort durant toute la guerre. Pour Groix ce ne sont que 15 soldats qui furent tués, sans compter les blessés plus ou moins graves dont certains se sont sans doute éteints, sans la fameuse motion "Mort pour la France". Cela s'explique par l'affectation de la plupart des groisillons dans la Marine. Les affrontements sur mer viendront plus tard

 

Le 22 août 1914 est le jour réputé le plus meurtrier de l'Histoire de France : 27 000 soldats français sont tués pendant cette seule journée dans les Ardennes belges (quatre fois plus qu'à Waterloo), dont près de la moitié à Rossignol (Belgique). Une famille groisillonne, les COUGOULAT déplorera son premier mort lors de cette bataille.