patrouilleur auxiliaire "Providence I" (1916)

le "Beryl" avant qu'il ne devienne le "Providence I"

 

Le "Gallia" est un paquebot transatlantique commandé en 1912, par la Compagnie de Navigation Atlantique au chantier naval de la Seyne-sur-Mer. Il est lancé le 26 mars 1913. C'était un des plus grands navires construits avant la Première Guerre mondiale.

 

Il s'agissait d'un superbe transatlantique mesurant 182 mètres, jaugeant 15 000 tonnes et ayant une vitesse de 18 nœuds.  Le 29 novembre 1913, il quitte Bordeaux pour son voyage inaugural vers le Rio de la Plata (Argentine).  En 1915, comme beaucoup d'autres bâtiments, il est réquisitionné pour assurer le transport de troupes. Il est transformé en croiseur auxiliaire, et naviguera pour l'Armée d'Orient en Méditerranée.  

 

Au large de la Sardaigne, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1916, le "Gallia" éperonne le "Providence I"… Celui-ci coule quelques minutes, les marins du bord ne peuvent pas être sauvés, à l'exception du commandant ? : le premier Maître BOURGAIN. qui sera traduit devant le conseil de guerre à Toulon et acquitté.

 

Le "Gallia" sera torpillé, peu de temps après son accident avec le Providence I, par un sous-marin, le 4 octobre 1916 avec 2 350 personnes à bord. Seuls 600 hommes pourront être sauvés.

 

l'article du Temps, n° 20.288 du lundi 22 janvier 1917;  une petite erreur s'est glissée

dans l'article, il s'agit bien du "Providence I"

 

Liste exhaustive, par ordre alphabétique, des dix-sept marins noyés lors de l'accident :

 

BROCHEN Yves Marie, né le 15 août 1891 à Kerfot (Côtes d'Armor), Quartier-Maître timonier, inscrit au quartier de Paimpol  matricule 50272

- CAMUS Maximilien Henri, né le 18 avril 1889 à Soissons (Aisne), Quartier-maître mécanicien, inscrit au quartier de ?  matricule 19820

- CAPELLE Jean Marie, né le 2 octobre 1890 à Miremont (Hte Garonne) inscrit au 3ème dépôt des équipages, matricule 20 246 Quartier maître mécanicien

CHAPÉ François Achille, né le 5 novembre 1891 à St-Benoît-des-O. (Ille-et-V.), Matelot de 3ème cl ss, inscrit au quartier de Cancale matricule 2775

- DAOULAS René, né le 26 novembre 1894 au Guilvinec, inscrit au quartier de Concarneau matricule 8 282, Matelot chauffeur breveté

- DUVAL Albert Émile, né le 7 février 1891 à St Pierre/Dives (Calvados), inscrit au 1er dépôt des équipages, matricule 32 961 Quartier-maître mécanicien.

EVEN Joseph Marie, né le 10 août 1878 à Groix (Morbihan), inscrit au quartier de Groix, matricule 1440, second Maître de manoeuvre.

GLOAGUEN Joseph Marie, né le 28 juin 1881 à l'Île Tudy (Finistère), inscrit au quartier du Guilvinec matricule 2275, Matelot de 3ème classe ss.

GUYONVARHO Joseph Marie, né le 29 juillet 1875 à Plouay (Morbihan), inscrit au quartier de Lorient, matricule 1214  Matelot de 2ème cl. Chauffeur.

LANTEUIL Désiré Henri, né le 20 juin 1887 à Courseulles/mer (Calvados), inscrit au quartier de Caen, matricule 2446 Matelot de 3ème cl. Gabier auxiliaire

Le DRÉZEN Jacques, né le 28 décembre 1889 à Loctudy (Finistère), inscrit au quartier de  Concarneau matricule 6027  Matelot de 1ère cl. Fusilier.

Le GREL Gabriel Théodore, né le 24 juillet 1889 à Groix (Morbihan), inscrit au quartier de Groix, matricule 1895  Matelot de 3ème classe ss.

MALLET Joseph Marie, né le 2 juin 1879 à Groix (Morbihan), inscrit au quartier de Groix, matricule 1465 Quartier-Maître Timonier.

MICHOT Fortuné Louis, né le 26 mars 1887 à Toulon (Var), 5ème dépôt des équipages, matricule 43 804 Quartier-Maître Mécanicien.

MONPLAISIR Émile Jacques, né le 20 mars 1877 à St-Nazaire (Loire-Atl.), inscrit au quartier de Nantes, matricule 16 559,   Premier Maître Mécanicien 

NOBLANC Joseph Louis Marie, né le 16 janvier 1891 à Séné (Morbihan), inscrit au quartier de Vannes, matricule 1261, Quartier-Maître Canonnier.

- RUNAVOT Etienne, né le 22 février 1883 à Plougastel-Daoulas (Finistère), inscrit au quartier de Brest, matricule 10 632, Matelot de 1ère classe ss.

médaille militaire, attribuée à chacun des 17 marins décédés

 

Le " Providence I" est un patrouilleur auxiliaire français, en service de juin 1915 à septembre 1916. Ce navire a vocation initiale d'être un chalutier de pêche a été construit pour le compte de la "Kingston Steam Trawling Company" par le chantier "Mackie & Thomson" à Glasgow-Govan en Écosse (GB). il a été mis à flot le 4 mai1898. Sa jauge brute est de 171 tonneaux.  

 

Ce chalutier, dénommé initialement "Beryl", a été réquisitionné à Lorient, et renommé "Providence I ", le 16 juin 1915. Il est affecté à la 5ème escadrille de patrouille de Méditerranée qui a la mission de sécuriser les nombreux navires de transport de troupes et d'approvisionnement.

 

Paradoxalement, il est coulé, dans la nuit du 1er au 2 septembre 1916, dans l’ouest de la Sardaigne, suite à un abordage avec le croiseur auxiliaire "Gallia" qui ramène des marins français et serbes de Salonique, qu'il était chargé de protéger. Le "Gallia" arrive à Toulon dans la journée du 2 septembre.

 

Dix-sept marins disparaitront dont 3 marins groisillons qui meurent noyés dans l’accident:

- EVEN Joseph Marie, né le 10 août 1878 à GROIX (Morbihan), Second Maître de manoeuvre.  

- LE GREL Gabriel Théodore, né le 24 juillet 1889 à GROIX (Morbihan), Matelot de 3ème classe sans spécialité.  

- MALLET Joseph Marie, né le 2 juin 1879 à GROIX (Morbihan), Quartier-Maître Timonier

le paquebot, avant qu'il ne devienne transport de troupe, "GALLIA" en 1913

 

Un Jugement déclaratif sera rendu le 14 mai 1917 par le tribunal de Toulon fixant le décès au 2 septembre 1916

 

Chacun des marin disparu recevra la médaille militaire à titre posthume, par arrêté du Ministre de la Marine en date du 4 juin 1919 (J.O. du 7 juin 1919). (voir ci-dessous)


Mort pour la France

Joseph Marie ÉVEN  (1878/1916)

l'épouse de Joseph ÉVEN, Marie Célinie GOURONG

 

Fils de François Marie, marin-pêcheur, né à Groix en 1846 et d'Adelphine JÉGO, née à Groix en 1850, mariés en juin 1875, résidant dans le village de Kerlard, Joseph Marie ÉVEN est né le 10 août 1878 à Groix, dans le village de Kerlard. Il est le dernier d'une fratrie de 2 enfants.

 

Après avoir passé quelques années sur les bancs de l'école, il commence son apprentissage de marin-pêcheur en s'embarquant comme mousse à l'âge de 12/13 ans, puis comme novice. A 18 ans, il est inscrit définitif sur les registres des gens de mer du quartier de Groix sous le matricule 1440.

 

En 1895, il est levé pour effectuer son service militaire au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Durant son service, il obtient le grade de quartier-maître de manoeuvre.

 

Rendu à la vie civile, il reprend ses activités à la pêche.

 

Joseph Marie ÉVEN, se marie le 10 août 1904 avec une groisillonne Marie Célinie Félicité GOURONG, née en 1883 dans le village de Kerohet. Ils auront au moins deux enfants et résideront au bourg de Loctudy. 

 

Joseph ÉVEN décède le 2 septembre 1916, en mer


 

En août 1914, Joseph ÉVEN a 36 ans. Il est mobilisé au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Il a le grade de quartier maitre de manoeuvre. Il acquiert rapidement un grade supplémentaire en devenant second-maître.

 

A une date à préciser, il est affecté à l'équipage du "Providence I", un ancien chalutier réquisitionné et transformé en patrouilleur auxiliaire. Ce navire est affecté à la 5ème escadrille de patrouille de Méditerranée dont le port d'attache est Toulon.

 

 

La veuve de Joseph ÉVEN percevra un pension annuelle de 1 125 francs

(J.O. du 8 novembre 1917)

 

 

Bien que disparu le nom de Joseph ÉVEN est quand même gravé sur le plaque mémorielle de l'Église de Groix, avec une erreur sur l'emplacement du naufrage et bien sûr sur les autres monuments de l'île.                       >>>>>>

 

Lors d'une mission de protection du "Gallia" qui ramène des militaires blessés, malades ou permissionnaires de Salonique, le "Providence I" est éperonné par celui qu'il était chargé de protéger. Le navire coule en quelques instants, 17 hommes de l'équipage disparaissent avec le navire. Joseph Marie ÉVEN est de ceux-là. Il vient d'avoir 38 ans. Il laisse une veuve et deux orphelins.

 

Le tribunal de Toulon prononcera le 17 mai 1917 un jugement déclaratif établissant le décès au 2 septembre 1916. Ce jugement sera retranscrit dans les registres de la commune de Groix, le 20 juin 1917.

 

Joseph Marie ÉVEN est décoré à titre posthume de la médaille militaire.

 


Mort pour la France

Joseph Marie MALLET  (1879/1916)

 

Fils de François, maçon, né à Plouhinec (Morbihan) en 1845 et de Eugénie Angèle PALAUX née à Groix en 1839, veuve d'Henry CALLOC'H, mariés à Groix en juin 1872 et résidant au bourg de Loctudy, Joseph Marie MALLET est né le 2 juin 1879, à Groix dans le bourg de Loctudy. Il est le petit dernier d'une famille recomposée de 12 enfants.

 

Après avoir passé quelques années sur les bancs de l'école, il commence son apprentissage de marin-pêcheur en s'embarquant comme mousse à l'âge de 12/13 ans, puis comme novice. A 18 ans, en 1897, il est inscrit définitif sur les registres des gens de mer du quartier de Groix sous le matricule 1465.

 

En 1899, il est levé pour effectuer son service militaire au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Durant son service, il obtient le grade de quartier-maître timonier.

 

Rendu à la vie civile, il reprend ses activités à la pêche.

 

Joseph Marie MALLET se marie le 20 avril 1904 avec une fille de Quimperlé, Émilie Élisa MARREC, née en 1878 à Quimperlé (Finistère). Ils auront trois enfants et résideront à Groix, au bourg de Loctudy. 

 

Joseph Marie MALLET décède le 2 septembre 1916, en mer


 

En août 1914, Joseph Marie MALLET a 35 ans. Il est mobilisé au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Il a le grade de quartier maitre de timonerie. 

 

A une date à préciser, il est affecté à l'équipage du "Providence I", un ancien chalutier réquisitionné et transformé en patrouilleur auxiliaire. Ce navire est affecté à la 5ème escadrille de patrouille de Méditerranée dont le port d'attache est Toulon.

 

Bien que disparu le nom de Joseph MALLET est quand même gravé sur le plaque mémorielle de l'Église de Groix, avec une erreur sur l'emplacement du naufrage et bien sûr sur les autres monuments de l'île.                         >>>>>>

 

Lors d'une mission de protection du "Gallia" qui ramène des militaires blessés, malades ou permissionnaires de Salonique, le "Providence I" est éperonné par celui qu'il était chargé de protéger. Le navire coule en quelques instants, 17 hommes de l'équipage disparaissent avec le navire. Joseph Marie MALLET est de ceux-là. Il vient d'avoir 37 ans. Il laisse une veuve et trois orphelins.

 

Le tribunal de Toulon prononcera le 17 mai 1917 un jugement déclaratif établissant le décès au 2 septembre 1916. Ce jugement sera retranscrit dans les registres de la commune de Groix, le 20 juin 1917.

 

Joseph Marie MALLET est décoré à titre posthume de la médaille militaire


Mort pour la France

Gabriel Théodore LE GREL  (1889/1916)

le port de la Rochelle

 

Fils de Pierre Marie, un marin-pêcheur groisillon, né en 1841 et de Geneviève BIHAN, née à Groix en 1846, mariés en août 1868 et résidant à Locmaria, Gabriel Théodore LE GREL est né le 24 juillet 1889 à Groix, dans le village de Locmaria. C'est le petit dernier d'une fratrie de 7 enfants.

 

Après avoir passé quelques années sur les bancs de l'école, il commence son apprentissage de marin-pêcheur en s'embarquant comme mousse à l'âge de 12/13 ans, puis comme novice. A 18 ans, en 1907, il est inscrit définitif sur les registres des gens de mer du quartier de Groix sous le matricule 1895.

 

En 1909, il est levé pour effectuer son service militaire au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient.

 

Rendu à la vie civile, il reprend ses activités à la pêche, mais il semble s'installer à La Rochelle Charente-Maritime), où d'autres familles groisil-lonnes résident.

 

Gabriel Théodore LE GREL se marie le 17 novembre 1913 avec une groisillonne de son village, Locmaria, Anne Sophie ÉVEN, née en 1890 à Groix. Ils résideront à La Rochelle, au 48 rue Sardinière. Deux jumelles naissent le 26 janvier 1916, une seule survivra.

 

 

Gabriel Théodore LE GREL décède le 2 septembre 1916, en mer.


 

En août 1914, Gabriel Théodore LE GREL vient d'avoir 25 ans. Il est mobilisé au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. Il est matelot de 3ème classe sans spécialité. 

 

A une date à préciser, il est affecté à l'équipage du "Providence I", un ancien chalutier réquisitionné et transformé en patrouilleur auxiliaire. Ce navire est affecté à la 5ème escadrille de patrouille de Méditerranée dont le port d'attache est Toulon.

 

 

Bien que disparu le nom de Théodore LE GREL est quand même gravé sur le plaque mémorielle de l'Église de Groix, avec une erreur sur l'emplacement du naufrage et bien sûr sur les autres monuments de l'île.     

 

Le nom de Théodore LE GREL est également gravé sur le monument aux morts de La Rochelle avec le seul prénom Gabriel.               

 

Lors d'une mission de protection du "Gallia" qui ramène des militaires blessés, malades ou permissionnaires de Salonique, le "Providence I" est éperonné par celui qu'il était chargé de protéger. Le navire coule en quelques instants, 17 hommes de l'équipage disparaissent avec le navire. Gabriel Théodore LE GREL est de ceux-là. Il a 27 ans. Il laisse une jeune veuve qui se remariera cinq ans plus tard à La Rochelle.

 

Le tribunal de Toulon prononcera le 17 mai 1917 un jugement déclaratif établissant le décès au 2 septembre 1916. Ce jugement sera retranscrit dans les registres de la commune de La Rochelle, le 22 juin 1917.

 

Gabriel Théodore LE GREL est décoré à titre posthume de la médaille militaire

copie de la table décennale 1913/1922 des registres d'état-civil de la commune de La Rochelle. on notera aussi le décès d'Anne Gabrielle LE GREL, l'une des jumelles nées

le 26 janvier 1916