Mort pour la France

Joseph Marie BARON  (1887/1916)

 

Fils de Pierre Marie, un marin pêcheur groisillon, né en 1848 et de Marie Anne ÉVEN, elle aussi groisillonne, né en 1850, mariés à Groix en juin 1876 et résidant dans le village de Kervédant, Joseph Marie BARON est né le 3 février 1887, à Groix, dans le village de Kervédant. C'est le second et le dernier enfant de la famille.

 

Après avoir passé quelques années sur les bancs de l'école, Joseph commença comme la plupart des jeunes groisillons son apprentissage de marin-pêcheur en s'embarquant comme mousse vers l'âge de 11/12 ans puis comme novice à 15 ans. En1905, à l'âge de 18 ans il devient inscrit maritime sur le registre des gens de mer du quartier de Groix, sous le n° matricule.    .

 

En 1907, il est levé pour effectuer son service militaire dans la marine, au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient.

 

Rendu à la vie civile, Joseph BARON reprend son activité à la pêche, puis se marie avec une groisillonne de son village, Marie Sophie Josèphe LE ROUX, née à Kervédant en 1888, le 29 mai 1914. Ils résideront à Kervédant et auront un enfant, un fils né en août 1915.

 

Joseph Marie BARON décède le 13 octobre 1916.


 

Rappelé le 3 août 1914, Joseph Marie BARON est, dans un premier temps, réformé le 19 août 1914 et renvoyé à son domicile.

 

Toutefois, compte tenu des pertes humaines immenses dans les premiers mois de la guerre, les réformes de l'année 1914 sont convoqués devant le conseil de révision du Morbihan, et celui-ci révise sa position, Joseph est déclaré "bon pour le service armé" en mai/juin 1915. 

 

Joseph BARON est convoqué et affecté au 154ème RI, le 8 septembre 1915. Il rejoint son régiment à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) le 18 septembre 1915. Avant la guerre, le dépôt du 154ème R.I. se trouvait à Lérouville (à proximité de Commercy) et à Bar-la-Duc dans la Meuse. Au début de la guerre, il fut déplacé en Bretagne. Il fait partie, avec le 155ème RI, de la 79ème brigade (40ème division jusqu'à la fin décembre 1916.

vue du camp de Mourmelon

 

Le 1er février le régiment est enlevé en camions pour être transféré à Suippes. Secteur pour lequel il apporte son concours à l'aménagement de tranchées de seconde position entre Jonchery et la route Suippes-Perthes jusqu'au 21 février.

 

Le 24 février le régiment prend la relève pour un secteur dénommé la "brosse à dent" à droite de Tahure, puis glisse vers  Somme-Vesle et Herpont jusqu'au 8 mars.

 

A cette date le régiment est transporté en camions de la sortie de Somme-Vesle jusqu'à Villotte devant Louppy où il cantonne. Le lendemain après une marche de 10 heures dans la neige, il cantonne à Julvécourt. Après une journée de repos, il reprend sa marche le 11 mars jusqu'à Sivry-la-Perche. Le lendemain, il se rend à Germonville. Le voici tout près du théatre des opérations de la bataille de Verdun. Le 13, il bivouaque  au sud du fort du Bois-Bourru, puis dans la nuit il prend position en 3ème ligne dans ce secteur.

 

 

Après quelques mois de formation, Joseph BARON part rejoindre son régiment au front, le 4 décembre 1915. Il le retrouve avec 51 autres le 12 à Mourmelon le grand (quartier Loano). Joseph est affecté au 2ème bataillon (?ème compagnie)

 

Dès le 15 décembre, le régiment prend la relève dans le secteur de l'Épine de Védégrange, au nord de Saint Hilaire le Grand, secteur dans lequel se trouve le régiment depuis le début de la 2ème bataille de Champagne. A cette époque le secteur est calme.

 

Il est relevé le 22 décembre.

 

Le 3 janvier 1916, le régiment se rend et cantonne à Sarry au sud-est de Chalons sur Marne (Marne) où il reste jusqu'au 1er février.

 


le Mort-Homme

 

En dix jours, en trois brillantes reprises, le front du 8 avril vient d'être intégralement rétabli et les bombardements exaspérés qui suivent ne le feront pas céder. Le 8 mai, le régiment est relev ; le 16, il reçoit sa première citation à l'armée. Le général JOFFRE y ajoute ses félicitations personnelles, et le général LECONTE écrit dans un ordre particulièrement chaleureux: « Vous avez été longtemps à la peine, maintenant vous êtes à l'honneur. La Croix de guerre a été épinglée à la cravate de vos drapeaux et la gloire qui s'attache à vos emblèmes rejaillit sur vous... » Mais la tâche n'est pas terminée. Les 20 et 21 mai, les Allemands ont prononcé une puissante attaque sur le Mort-Homme, et la 40ème division va y revenir pour la troisième fois: « Je la renvoie au Mort-Homme, dit le général PÉTAIN, n'ayant rien de meilleur à mettre à cet endroit. » Le 154ème allait y subir son épreuve la plus dure et la plus sanglante de la campagne. Il n'y a plus ni boyaux ni tranchées, plus rien que des trous d'obus. Sous un bombardement violent, la relève s'exécute le 24 et le 25 au prix des plus grandes difficultés. La situation s'aggrave les jours suivants, tout travail est impraticable, les liaisons sont précaires, le ravitaillement devient impossible. Le 28, le 2ème bataillon, qui occupe sur les pentes nord du ravin des Caurettes des positions très en flèche, ne peut être relevé que partiellement par deux compagnies du 3ème (9ème et 11 ème ), à cause de l'intensité des barrages; le 29, le bombardement continue avec une violence sans cesse croissante - en certains points un obus à la seconde - c'est pour les premières lignes l'isolement total, une situation désespérée. Vers 18 h. 30, l'ennemi déclenche une très forte attaque. Il submerge et dépasse le bataillon de tête qui luttera avec la plus grande bravoure toute une partie de la nuit ; puis il s'avance vers le ravin de Chattancourt, où les 10ème, 12ème et la 3ème Compagnie de Mitrailleuses et des éléments du 1er bataillon installent une nouvelle ligne qui lui barre finalement le passage. Le 30, deux nouvelles attaques sont repoussées; le 31, on arrive à améliorer légèrement les positions, mais les obus de gros calibres continuent à tomber de tous côtés.

 

Le 1er juin, le régiment est relevé. Sans doute, au cours des derniers jours, pliant sous une avalanche de fer, il avait dû céder du terrain et laisser aux mains de l'ennemi des chefs de valeur ainsi que les débris de quelques unités; mais dans ces heures terribles le régiment avait déployé des efforts surhumains, s'était défendu jusqu'au bout et sacrifié sans compter. Ayant fait tout son devoir, il conservait intact l'éclat de ses prouesses d'avril et restait grand dans l'adversité. Les Allemands eux-mêmes ont, en nous insultant, rendu hommage à la valeur des nôtres. Un officier, fait prisonnier à Verdun, dit au quartier général du corps d'armée qu'il a eu affaire à «un régiment de bandits, le 154ème». Un surnom restera, le régiment "des Caurettes".

 

Malgré ces évènements, Joseph Marie BARON semble avoir échapper au pire .

 

 

Joseph Marie BARON est tué à l'ennemi le 13 octobre 1916 à 7h du matin, sous les bombardements, sur le territoire de la commune de Sailly-Sallisel (Somme). Il a plus de 29 ans et  laisse une veuve récemment épousée et un orphelin d'un peu plus d'un an.

 

Les autorités militaires ne semblent pas connaître le lieu d'inhumation du corps de Joseph BARON. Peut-être a-t-il été inhumé dans l'un des ossuaires d'une Nécropole nationale proche du champ de bataille. La nécropole nationale de Rancourt, la plus grande du département, édifiée en 1921, contient 8.563 corps dont 3.240 en ossuaires. En 1921, ont été regroupées, ici, les tombes provenant de cimetières militaires situés à Combles, Cléry et Curlu,...

 

Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de la commune de Groix.

 

La transcription de l'acte de décès de Joseph Marie BARON figure sur le registre d'état civil de la commune de Groix en date du 24 février 1917.

 

 

 

Joseph Marie BARON sera honoré de la Croix de Guerre ornée d'une étoile de bronze, à titre posthume, par un décret du président de la République du 11 avril 1920, publié au JO du 12 septembre 1920.

 

l'un des ossuaire de la Nécropole de Rancourt  (Somme)  >>>

 

Le 16 mars, le 1er bataillon effectue une attaque au Mort-Homme sur un ouvrage de la cote 295. Il opère dans des conditions difficiles, mais rapporte sur l'emplacement des lignes allemandes des renseignements précieux. Le 19 mars, le régiment prend possession du secteur du Mort-Homme - bois des Caurettes. C'est une position importante et particulièrement visée par l'ennemi qui dispose d'une supériorité d'artillerie redoutable. Ici, plus de tranchées, à peine çà et là quelques trous de tirailleurs, et pourtant le martelage est incessant et la lutte implacable. Par une humidité glaciale, les hommes vont travailler sans relâche dans cet enfer, sans se décourager. Chez tous une seule idée: «Ils ne passeront pas !». Le 31 mars, après un bombardement de plusieurs heures, l'ennemi, qui a pris pied dans une tranchée occupée par la 7ème compagnie, est vigoureusement rejeté par une contre-attaque à la grenade. Le régiment, relevé dans la nuit du 7 au 8 avril, a la fierté de laisser derrière lui un secteur pourvu d'organisations, et de n'avoir pas cédé un pouce de terrain. Cependant la nervosité de l'adversaire ainsi que l'activité de son artillerie et de ses avions font présager une attaque prochaine. Les successeurs la subissent en effet et sont contraints à un recul sensible. Le 15 avril, le 154ème remonte au Mort-Homme: la mission est de reprendre le terrain perdu. Le 20 avril, le 1er bataillon, par un coup de surprise, enlève 200 mètres de tranchées et fait 44 prisonniers dont 2 officiers. Le lendemain, il repousse une contre-attaque violente avec des lance-flammes et conserve tous ses gains. Le 24, nouvelle affaire menée par le 2ème bataillon et nouveau gain de 300 mètres de tranchées avec 34 prisonniers dont 1 officier. Un retour de l'ennemi au cours de l'après-midi est encore rejeté. Le 26, un groupe de volontaires du même bataillon s'élance à la sonnerie de « la charge » et réalise quelques progrès. Le 29 avril, le 1er bataillon, partant du bois des Caurettes, exécute une dernière attaque conjuguée avec une action menée plus à gauche par le 161ème . Elle est couronnée de succès, et lui vaut 46 prisonniers.

 

 

 

Après un court séjour en forêt d’Apremont et à l’est de Baccarat, un moment de repos et une période d’instruction qui dure jusqu’au 10 sept., le 154ème R.I., aux ordres du lieutenant colonel Chollet, est transporté sur la Somme où la bataille est toujours vive et la réaction de l’ennemi vigoureuse. Il va opérer dans la région de Rancourt, bois de St-Pierre de Waast, et Sailly-Saillisel. La 11 septembre, il débarque à Crèvecoeur-le-Grand, puis marche vers l'est dans le secteur de Maisoncelle-Tuileries / Puits-la-Vallée dans l'Oise où il reste jusqu'au 20 septembre. Le 21, il est transporté à Chipilly dans la Somme où il reste jusqu'au 24. Le 25 II se rend à la Ferme Rouge, puis à le Ferme de l'Hôpital. 

 

Le 26 septembre, le 154ème R.I. est positionné au sud de Rancourt, le 1er puis le 3ème bataillon sont mis successivement à la disposition des corps de la 42ème division déjà engagés, et agissent isolément pour le compte de ces derniers. Ils sont engagés au sud-est de Rancourt et du bois Saint-Pierre Vaast les 27, 28 et 29 septembre. Le régiment est relevé le 30 et il retourne à Chipilly pour se reconstituer, ayant perdu 128 tués, blessés et disparus.

 

Après une semaine de repos le régiment remonte en ligne le 7 octobre. Il est d'abord en réserve au vallon de la halte de Maurepas, puis, à la suite de relèves partielles exécutées les 10, 11 et 12, nous le retrouvons groupé devant Sailly; il fallait enlever les tranchées de Carlsbad, de Terplitz et de Berlin, ainsi que les ouvrages de défense: forteresses et nids de mitrailleuses de la lisière du bois de St-Pierre-Waast et fortifications dénommées ouvrages Tripot, aux abords ouest du château de Sailly-Saillisel. Cela représentait une avance d'au moins 1200 m. Le bombardement s'accentue, accompagné de violents tirs de barrage, les tranchées sont bouleversées, on s'attend à tout instant à voir déboucher des contre-attaques de Saillisel ou du bois de Saint-Pierre-Waast. 

 

Le 11, c'est Joseph TROCADÉRO, un  natif de Groix qui tombe au feu, sous de violents bombardements avec 116 autres hommes du régiment. Les tranchées sont totalement bouleversées.

 

Dans la nuit du 12 au 13 octobre, le 2ème bataillon prend la relève dans les tranchées de Terplitz. Les hommes tentent de reconstituer les boyaux sous les obus. Trente six hommes (36) tombent au cours de la journée dont Joseph Marie BARON, dans la matinée.

 

 

Il eut les honneurs d’un avis n° 6482 du 9 novembre 1916, signé Général GOYBET.