Dundee "Démocratie"  (1916)

 

 

Septembre 1916   

 

Après un temps d'accalmie, la guerre sous-marine reprend

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un extrait du quotidien "Ouest Éclair" en date du 10 octobre 1916 >>>>


 

 

Un nouveau dundee supposé coulé

 

Déclaré perdu, corps et biens, le 25 septembre 1916, mais supposé coulé par un sous-marin allemand, le 11 septembre 1916, selon le témoignage du marin Eugène Paul LE GREL, inscrit maritime à Groix, n° 2831.

 

Ce thonier, le "Démocratie" G 843 était supposé perdu dans la tempête du 8 septembre 1916. Mais avait été aperçu ensuite en zone de pêche. On a cru pendant un temps que l'équipage était prisonnier en Allemagne. Mais un courrier d'un de ses marins, Eugène Le Grel, prisonnier en Allemagne apprit que le bâtiment avait été en fait coulé par un sous-marin allemand le 11 septembre 1916. Une indemnité pour destruction par faits de guerre fut proposée le 29 décembre 1920, puis confirmée par un tribunal d'appel en 1922.

le "Démocratie" G 843, le dernier dundee à droite en première ligne

 

Le dundee "Mirabeau" faisant la pêche du thon, patron M. MALLET d'Etel, se trouvait le 3 courant, dans le nord de Penmarch, à environ 120 milles au large, lorsqu'il rencontra un canot abandonné portant le nom de "Démocratie" n° de l'Inscription maritime 843 et portant la lettre G qui doit être celle de son port d'attache. Un homme de l'équipage du "Mirabeau" embarqua à bord du canot pour tâcher de le sauver. Mais comme la mer était très grosse, il a fallu abandonner l'embarcation et le marin prit l'une des ceintures de sauvetage qui se trouvaient fixées au flanc du canot, comme pièce à conviction. Cette ceinture portait bien les noms et marques indiquées ci-dessus. Croyant se trouver en présence d'un naufrage, le "Mirabeau" fit de vaines recherches pendant au moins une heure sur les lieux de la découverte du canot et voyant que rien n'apparaissait sauf cependant des débris de planche, le patron mis le cap sur Etel où il vient de rentrer et a fait sa déclaration à la douane et à la marine de sa découverte. On se demande si on ne serait pas en présence d'un thonier du port de Groix qui aurait été coulé par un sous-marin allemand, ainsi que les journaux en ont déjà parlé, sans indiquer le nom du bateau."

 

Extrait de l'Ouest-Eclair, édition de Nantes, 10 octobre 1916




 

L'équipage qui était à bord au moment des faits était le suivant :

 

 

- Joseph Marie STÉPHAN(T), patron, né le 14/03/1877 à Groix (56) mle n° 643 au registre des gens de mer du quartier de Groix,

 

- Pierre Louis LE NAHENNEC, né le 21/09/1856 à Lorient (56), matelot HS 389 au registre des gens de mer du quartier Lorient,

 

- Pierre Marie LE ROUX, né le 30/04/1855 à Groix (56) matelot HS 807 au registre des gens de mer du quartier de Groix,

 

- Théodore BIGER, né le 25/06/1898 à Lesconil, commune de Plobannalec (29), novice, Inscrit provisoire n°  2868 au registre des gens de mer du quartier de Quimper

 

- Pierre-Marie JÉGO, né le 09/03/1902 à Groix (56), mousse, Inscrit provisoire n° 1832 au registre des gens de mer du quartier de Groix.

 

 

                                                                  Extrait du J.O. du 3 juin 1917

 

Le "Démocratie" G 843 est un dundee construit en 1906 à Paimpol, d'une jauge brute de 44,7 tx (35,40 tx  de jauge nette), il était la copropriété lors de sa mise à l'eau de :

- Joseph BOBINNEC, marin-pêcheur, époux de Marie Hélène KERSAHO, ° en 1879 , résidant à Kerohet pour 3/8ème

- Laurent Marie BOBINNEC, marin-pêcheur, le frère du précédent époux de Théotiste Jeanne MILLOCH, °en 1869, résidant à Kerohet, pour 2/8ème

- Tudy BIHAN, marin-pêcheur; époux de Marie Joseph LE DREFF, ° en 1857, résidant à Locmaria, pour 1/8ème

- Jean Marie KERSAHO, débitant, époux de Désirée BARON, ° en 1849, résidant à Port-Tudy, pour 1/8ème

- Gildas Marie MILLOCH, marin-pêcheur, époux de Marie Joseph STÉPHAN, beau-frère de Laurent Bobinnec, ° en 1857, résidant à Kerohet, pour 1/8ème

Sur le rôle d'armement de juin 1916, les copropriétaires  indiqués sont Pierre et Heni CALLOCH, Pierre TRISTAN et une Veuve BARON.

 

Une indemnité pour destruction par faits de guerre leur fut proposée le 29 décembre 1920, puis il leur fut collectivement allouée à titre d’indemnité la somme de 143.00 F, soit 108.110 F à raison de la perte du bâtiment et 5.250 F au titre de celle du produit de sa pêche confirmée par un tribunal d'appel en 1922

La "Démocratie" fut remplacée la même année par le dundee "Jean-et-Joseph", immatriculé G. 1431, puis LGX 3113, propriété pour 9/10ème de Joseph BOBINNEC et pour 1/10e de Jean-Marie KERSAHO.


 

Joseph Marie STÉPHANT, patron (1877/1916)


Fils de Pierre, marin-pêcheur, né à Groix en 1846 et de Marie-Rose DROAL, née à Groix en 1846, mariés en avril 1874, résidant à Kervédan Joseph Marie STÉPHANT est né le 14 mars 1877 à Groix. C'est le second enfant d'une fratrie de sept.

 

Après quelques années sur les bancs de l'école, il rentre très vite en apprentissage de son métier de marin-pêcheur. Il pêche d'abord pendant près de trente mois comme mousse et novice. On le trouve matelot le 8 avril 1897, sous le matricule n° 643 au registre des gens de mer du quartier de Groix.

 

Il effectue très probablement son service militaire à partir de 1897 au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient. De retour à la vie civile, il sera surtout engagé comme matelot à la petite pêche, presque toujours sur des dundees de Groix. Il fut pourtant un éphémère patron du Saint Joseph le 28 novembre 1907.

 

Joseph Marie STÉPHANT, célibataire, réside à Groix, route de Kervédan. Mobilisé en 1914 dans la Marine, il est rendu rapidement à la vie civile. Il fut de nouveau patron sur le dundee "Démocratie" à partir du 21 juin 1915 pour une campagne aux thons et une deuxième fois, à partir du 17 juin 1916. Ce fut au cours de cette seconde campagne que ce petit voilier disparut, corps et biens, (officiellement) le 25 septembre 1916, mais probablement quelques jours avant, avec ses 6 marins.

 

Un jugement déclaratif du tribunal civil de Lorient en date du 17 juillet 1917 déclara constant son décès;  jugement retranscrit sur le registre d'état civil de la commune de Groix en date du 31juillet 1917.  A sa mort, il avait 39 ans. Son nom figure sur les différents monuments mémoriels (sauf dans l'Église étant disparu), en souvenirs des Morts pour la France, de l'île de Groix.

 

Par courrier du 17 juillet 1917, le sous-secrétaire d'Etat aux Transports maritimes et à la Marine marchande avisait le directeur de l'Inscription maritime de Nantes que le secours sollicité par la mère de Joseph STÉPHANT (Marie Rose DROAL) sur la Caisse Nationale de Prévoyance lui était refusé, Madame STÉPHANT, mère, avait des ressources jugées suffisantes.


 

Pierre Marie LE ROUX, matelot (1855/1916)

 

Fils de François, marin-pêcheur, né à Groix en 1820 et d'Anne STÉPHANT, née à Groix en 1817, mariés en novembre 1850 à Groix, résidant dans le village de Kervédan(t), Pierre Marie LE ROUX est né le 30 avril 1855 à Groix, dans le village de Kervédan(t). C'est 3ème enfant d'une fratrie de cinq.

 

Après quelques années passées sur les bancs de l’école, il fait son apprentissage en embarquant comme mousse, vers l'âge de 12/13 ans, puis comme novice. En 1873, il est inscrit maritime définitif sous le n° 807 H.S matricule n° 807 H.S au registre des gens de mer du quartier de Groix. Son n° matricule au recrutement est le 1359 / Lorient. Il effectuera son service militaire en 1875 au 3ème dépôt des équipages de la flotte à Lorient.

 

Rendu à la vie civile, il reprendra ses activités à la pêche. Pierre Marie LE ROUX s'est marié en octobre 1882, avec une groisillonne, Marie BARON, née en 1851. Ils auront 4 enfants, et résideront dans le village de Kervédan(t).

 

En juin 1916, il figure sur le rôle d'embarquement du « Démocratie » en tant que matelot.

 

Le décès de Pierre Marie LE ROUX, "Mort pour la France" le 25 septembre 1916, fut déclaré constant par jugement du Tribunal civil de Lorient du 17 juillet 1917, jugement transcrit à l'état-civil de Groix le 31 juillet 1917. Son nom figure sur la liste des Morts pour la France de Groix ( sauf sur celui de l'Église, étant disparu). Au moment de sa mort, il avait 61 ans et il laissait une veuve et 4 enfants adultes.


 

Pierre Louis LE NAHENNEC, matelot  (1856/1916)

 

Fils d'Étienne, boucher, né à Lorient en 1816, décédé alors que son fils avait 5 ans et de Marie Jacquette LAURENT, née à Lorient en 1831, mariés en janvier 1852 à Lorient, Pierre Louis LE NAHENNEC est né le 2 septembre 1856 à Lorient. C'est  le dernier d'une fratrie de deux enfants.

 

 Après quelques années passées sur les bancs de l’école, il fait son apprentissage en embarquant comme mousse, vers l'âge de 12/13 ans,. Par la suite, il s'engage dans la Marine militaire et passe toutes les étapes jusqu'au grade de second-maître de manoeuvre. Retourné à la vie civile, après 1900, il est inscrit maritime définitif sous le n° matricule 1120 au registre des gens de mer du quartier de Lorient puis à la retraite sous le n° matricule 389 H.S. Son n° matricule au recrutement est le 1830 ?/ Lorient.

 

 

Il s'est marié une première fois, en octobre 1885 avec une lorientaise, Marie Joséphine GUENNO, née en 1864 qui malheureusement décèdera en 1888. Pierre Louis se remariera avec une groisillonne, née en 1859, jeune veuve d'un marin-pêcheur, mort noyé en 1883 et vivant à Lorient, Marie Jeanne STÉPHANT, le 7 mars 1890. Ils auront un enfant, et résideront tantôt à Lorient, tantôt à Groix.

 

 

Il figure sur le rôle d'embarquement du « Démocratie » en juin 1916 en tant que matelot.

 

 

 

Le décès de Pierre Louis LE NAHENNEC , "Mort pour la France"  le 25 septembre 1916, fut déclaré constant par jugement du Tribunal civil de Lorient du 17 juillet 1917,  jugement transcrit à l'état-civil de Groix le 31 juillet 1917. Son nom figure sur la liste des Morts pour la France de Groix (sauf sur celui de l'Église étant disparu). Au moment de sa mort, il venait d'avoir 60 ans et il laissait une veuve et un enfant adulte.

 


 

Théodore Marie BIGER, novice (1898/1916)

 

Fils d'Isidore René, marin-pêcheur, né à Plobannalec (Finistère) en 1870, mort en 1907 et de Marie DRAOULEC, née en 1869 à Plobannalec, morte en 1913, mariés en novembre 1895 à Plobannalec, résidant dans le village de Lesconil, Théodore Marie BIGER est né le 25 juin 1898 à Plobannalec, dans le village de Lesconil. C'est le 2ème enfant d'une fratrie de sept. Il est constaté orphelin après le décès de sa mère en 1913.

 

Après quelques années passées sur les bancs de l’école, il fait son apprentissage en embarquant comme mousse, vers l'âge de 12/13 ans (vers 1910), puis comme novice. En 1914, il est inscrit maritime sous le n° 2868 matricule  au registre des gens de mer du quartier de Quimper.

 

 

 

En juin 1916, il figure sur le rôle d'embarquement du «Démocratie» en tant que matelot. Il est célibataire.

 

 

 

Le décès de , "Mort pour la France"  le 25 septembre 1916, fut déclaré constant par jugement du Tribunal civil de Lorient du 17 juillet 1917,  jugement transcrit à l'état-civil de Groix le 31 juillet 1917. Son nom figure sur la liste des Morts pour la France le la commune de Plobannalec-Lesconil. Au moment de sa mort, il venait d'avoir 18 ans.

 

 

 

 

                                             Détail de la plaque mémorielle à l'intérieur de l'Église

 

<<<<    Monument aux morts place de l'Église  de Plobannalec Lesconil



 

Pierre Marie Joseph JÉGO, mousse (1902/1916)

 

Fils de Pierre Marie, marin-pêcheur, né à Riantec en 1873 et de Théonille STÉPHANT, née à Groix en 1874, mariés en mai 1900 à Groix, résidant dans le village de Port-Lay, Pierre Marie Joseph JÉGO est né le 9 mars 1902 à Groix, dans le village de Port-Lay. C'est l'aîné d'une fratrie de trois enfants. Il est le neveu de Pierre Louis LE NAHENNEC. Sa mère est soeur avec l'épouse de Pierre Louis

 

Après quelques années passées sur les bancs de l’école, il fait son apprentissage en embarquant comme mousse, vers l'âge de 12/13 ans. En embarquant comme mousse en juin 1916 sur le "Démocratie" son matricule d'inscription provisoire est le n° 1832 au registre des gens de mer du quartier de Groix. Il figure sur le rôle d'embarquement du « Démocratie » en tant que mousse.

 

 

 

Le décès de Pierre Marie Joseph JÉGO, "Mort pour la France"  le 25 septembre 1916, fut déclaré constant par jugement du Tribunal civil de Lorient du 17 juillet 1917,  jugement transcrit à l'état-civil de Groix le 31 juillet 1917. Son nom figure sur la liste des Morts pour la France de Groix. C'est le plus jeune groisillon inscrit sur le Monument aux morts. Au moment de sa mort, il avait 14 ans et 6 mois.